Mardi 14 octobre 2008
En marge des entreprises constituant la galaxie Mulliez, plusieurs membres de la dynastie nordiste se sont retrouvés dans l'actualité ces derniers jours.



- Diffusé sur Arte, le documentaire de Samuel Gantier, "Affaires de grandes familles", a permis aux télespectateurs de faire la connaissance de Maryse Mulliez-Dufour et de ses deux enfants, Camille et Alexis. Ce dernier (photo ci-contre), bien qu'ayant pris soin de ne pas mentionner l'AFM en tant que telle, a donné des précisions importantes quant à la vision de l'association et aux valeurs qu'elle défend. Dans le contexte de la crise financière, les propos relatifs à la méfiance légendaire du clan vis à vis de la Bourse, ne manquaient pas d'à-propos.



- Dans la région Nord, le prix de l'Entrepreneur de l'année 2008, catégorie "engagement sociétal" a été remis à Bernadette et André Leclercq (ci-contre). Reconnue d'utilité publique depuis 2002, leur fondation, AnBer, a soutenu en six ans 475 projets dans 50 pays. Ancien président du conseil de gérance de l'association familiale (de 1990 à 1998), André Leclercq a longtemps été celui que l'on envoyait, de Roubaix, faire du lobbying à Paris.

- Paris Match a sorti une collection de 14 livres de photos aériennes signées Franck Mulliez. Chaque jeudi, les lecteurs de l'hebdomadaire peuvent acquérir en supplément un volume de "Vol au dessus de la France". Passionné d'hélicoptère, tout comme son père Franky (le fondateur de Kiloutou), Franck Mulliez  n'en est pas à son coup d'essai. Il avait déjà édité plusieurs ouvrages avec Géo.
Récemment, Frank Mulliez a ouvert son propre site internet  . Il contient notamment un moteur de recherche permettant de commander des photos aériennes directement à partir de la base constituée par le photographe. Il donne également quelques détails sur sa méthode de travail.
Extraits : "En conférence, on me demande souvent comment je travaille  : « Alors vous montez dans votre hélico tous les matins et partez vous promener à la recherche de bons clichés ? » Si tel était le cas, à 20€ la minutes de vol, ce serait impossible à rentabiliser (et oui machine et pilotes reviennent en moyenne à 1200€ de l’heure de vol) Je peux affirmer qu’il ne m’ai encore jamais arrivé de me « promener » en hélico. Décoller est l’aboutissement d’un énorme travail de préparation et chaque minute de vol est optimisée à l’avance. Pour chaque heure de vol, il y a des jours, parfois des mois de travail préalable !"
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Lundi 29 septembre 2008

Trois sujets dans la presse ces derniers jours en lien avec les enseignes de la famille Mulliez.
 

Le Parisien a relaté la visite de Xavier Bertrand, ministre du travail, au magasin Auchan de Boissénart (Cesson – 77). Cet hypermarché expérimente depuis un an un système offrant aux hôtesses de caisse qui le souhaitent la possibilité de travailler à plein temps. 40 % des caissières concernées ont préféré opter pour les 35 heures à la place du temps partiel qui leur était imposé jusque là. « Désormais, elles occupent deux postes, en caisse et en rayon, ce qui semble satisfaire la majorité des personnes » indique le quotidien. « Nous sommes pour, confirme un représentant de la CGT. Ici, le système est bien organisé. Le risque, c’est que cette polyvalence se transforme en bouche-trou, mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. »


A la une de l’hebdomadaire LSA, Francis Cordelette, le PDG de Boulanger, se félicite du rétablissement de l’enseigne d’électro-domestique. Nommé à la tête de l’entreprise voici cinq ans, l’ancien DG d’Auchan évoque le développement « multi-format et multi-canal » du groupe, une stratégie inspirée de ce qui se fait autour des hypermarchés. S’agissant de Boulanger, cela inclut l’enseigne discount Electro-Dépôt, le rachat de Webdistrib (qui permet de soutenir le lancement du site Boulanger.fr), le rapprochement avec la centrale d’achat Euronics, qui approvisionne les magasins Gitem, ou encore - comme pour le magasin d’Englos qui vient d’être inauguré - le déploiement de solution permettant aux clients de venir chercher en magasin des produits achetés sur le web.

La semaine passée, c’est le quotidien La Voix du Nord qui, en première page, a évoqué la poursuite des implantations des différentes marques Décathlon sur la métropole lilloise. Après l'assemblage des vélos B'Twin sur l'ancien site Altadis à Lille, le centre technologique des chaussures Kalenji à Lille Sud et le siège de Domyos (sports de combat et fitness) à Marcq-en-Baroeul, un nouveau site pourrait voir le jour. Il s’agit de celui de la marque Kipsta (sports collectifs) dont on annonce l'arrivée entre Tourcoing et Roubaix. « Au niveau mondial, Toulouse a Airbus, Atlanta a Coca-Cola, et nous avons Décathlon », s’était enthousiasmée il y a quelques mois Martine Aubry, la maire de Lille, toute heureuse du regain d’activité économique généré par ces « relocalisations ».

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Mercredi 24 septembre 2008
Filiale du groupe Adeo, l'enseigne Objets et Cie, positionnée sur le créneau de l'accessoirisation / décoration de la maison, affiche sa volonté d'expansion. Dans la foulée du premier magasin (3 000 m²) inauguré en décembre 2007 à Massy, deux autres points de vente vont ouvrir début 2009, à Melun et Lille.
Ce qui n'est pour l'instant qu'une start-up de 40 personnes annonce des projets très ambitieux : "en 2020, nous espérons compter plus de 100 magasins en France et être présent dans 5 pays avec 5 000 collaborateurs", indique le site Internet de l'enseigne. Autrement dit, le prototype de Massy a été validé et la direction du groupe Adeo a donné son feu vert au déploiement du concept.
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Lundi 22 septembre 2008

C’est dans un climat particulier que Tapis Saint Maclou fête cette année son 45e anniversaire. Fondée en 1963 par Gonzague Mulliez, l’entreprise est à un tournant. Cela faisait déjà quelques années que l’actionnaire majoritaire, l’association familiale Mulliez (AFM), avait exprimé le souhait de voir le fondateur (74 ans cette année) prendre du champ. Mais non seulement l’intéressé ne semblait guère pressé de céder la présidence du conseil de surveillance, il demandait en outre à se renforcer au capital de la société. Face au refus de l’AFM, le bouillant Gonzague a même menacé de vendre les titres qu’il détient en direct (environ 15 % du capital) à des investisseurs non familiaux. Il aurait pu s’agir de Georges Gaspard, le patron de Lyreco.

C’est donc une véritable partie de bras de fer - qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler les circonstances du départ de Gérard Mulliez de la présidence d’Auchan, en 2006 -, que Thierry Mulliez, le patron de l’AFM a du livrer face à son oncle. L’enjeu n’était pas seulement capitalistique mais opérationnel. Gonzague Mulliez ne s’était pas privé ces derniers temps de critiquer les choix de l’entreprise et en particulier les options marketing de la filiale française. Par exemple, le fondateur se désolait de voir l’enseigne abandonner son slogan historique, « Saint Maclou, Evidemment », remplacé par un « Saint Maclou habille la maison » à son goût trop marqué décoration et pas suffisamment « discount ». C’est semble-t-il l’une des raisons qui ont conduit à la mise à l’écart, au début de l’été, d’Eric Baseden, un « familial » qui dirigeait la France depuis plusieurs années.

Depuis, l’AFM semble avoir repris la situation en main. Un nouveau président du conseil de surveillance a finalement été nommé en remplacement de Gonzague Mulliez. Il s’agit de Christophe Ribault (photo ci-contre), familial également, et par ailleurs président du directoire de Norauto et membre du conseil d’Adéo. Il est à noter que Ribault, tout comme Baseden, sont des gendres de Philippe Duprez, qui fut dans les années 70 le tout premier DRH du groupe Auchan. Pour sa part, Vincent Fauvet, qui est quant à lui le gendre de Gonzague Mulliez, conserve la présidence du directoire de l’entreprise. L’une de ses tâches prioritaires consiste à remettre sur pied la filiale britannique Allied Carpets, toujours en proie à des difficultés. Il lui incombe également de réussir l'intégration dans le groupe des 40 magasins Mondial Moquette rachetés au début de l'été.

En 2007, le groupe Saint Maclou a réalisé un chiffre d’affaires hors taxes de 681 millions d’euros, en hausse de 4,4 % et dégagé un résultat net de 13 millions d’euros.

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Lundi 15 septembre 2008

Au sein de la galaxie Mulliez, le créneau des réceptions et évènements était jusqu’à présent occupé par la sociét Aktuel, créée par Franky Mulliez, également à l’origine du réseau Kiloutou. Un autre membre de la famille a récemment annoncé des projets dans le même secteur, quoique sur un registre plus festif ou disons le … plus tropézien. Et ce ne sont pas Les Echos ni Le Figaro qui l’annoncent mais Paris Match. Dans un de ses derniers numéros, l’hebdomadaire people nous apprend en effet que Thomas Leclercq, l’un des trois fils du fondateur de Décathlon, a d’ambitieux projets de soirées. C’est tout du moins ce qu’il a laissé filtrer auprès de Paul-Loup Sulitzer (au centre sur la photo - droits réservés) lors d’une fête donnée par Massimo Gargia où il s’était rendu accompagné de sa compagne, la ravissante Magda Lenova. Au passage, la jeune femme, top model, n’est pas une inconnue dans le monde de la distribution. Elle avait posé il y a quelques mois pour un prospectus lingerie vantant les nouvelles collections, non pas d’Auchan ni même de Décathlon, mais du concurrent Cora !

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Vendredi 12 septembre 2008

 C’est l’une des conséquences de la nouvelle directive européenne sur la transparence : même non cotées, les entreprises faisant appel au marché obligataire sont dorénavant tenues de publier leurs comptes semestriels. Pour la première fois, le groupe Auchan s’est donc plié à l’exercice et les informations communiquées à cette occasion sont des plus intéressantes. 

Par delà la progression globale du chiffre d’affaires, qui ressort à + 9,4 %, plusieurs éléments sont à mettre en évidence.

-         Sur la France, avec des ventes en hausse de 6,2 %, Auchan a réalisé un meilleur semestre que Carrefour et Casino qui affichent respectivement de + 1,2 % et + 4,8 %. Sur le très stratégique format hypermarchés, l’enseigne du groupe Mulliez réalise une croissance de 5,5 %, nettement supérieure à celle de son principal concurrent, Carrefour, dont  les hypers ont vu leur chiffre d’affaires se replier de 0,9 %. A l’évidence, au premier semestre 2008, Auchan a continué de bénéficier de la forte dynamique commerciale enclenchée à l’automne 2007 et qui lui avait permis de terminer l’année sur les chapeaux de roues.

-         La confirmation de ce que l’on savait déjà mais que la seule publication des résultats annuels ne permettait pas jusque là d’apprécier pleinement : Auchan est un groupe dont la rentabilité se construit très majoritairement au second semestre. Ainsi, sur la base des données publiées, on s’aperçoit par exemple qu’en 2007 Auchan a fait plus des trois quarts de son résultat annuel sur les six derniers mois alors que chez Carrefour, la contribution du second semestre n’est que de 60 %. Les raisons de cette saisonnalité  très marquée : la forte contribution des rayons non-alimentaires et la puissance des opérations promotionnelles (particulièrement la rentrée des classes, les foires aux vins et Noël), deux des caractéristiques d’Auchan et de ses très grandes surfaces de ventes.

-         Le repli, sur la France, de 6,6 % du résultat d’exploitation (Ebitda), une baisse certes, mais moins importante que ce qui était attendu. En mai et juin, la direction d’Auchan France avait en effet tiré la sonnette d’alarme face aux représentants du personnel. En cause : une forte baisse des marges imputable notamment à une dérive des la masse salariale qui aurait progressé de 8 %. La direction avait alors pris argument du retard de 25 % du cash flow brut par rapport à l’objectif pour faire pression sur les directeurs de magasins et leur demander dans l’urgence de réduire leur frais de personnel. Une méthode qui n’avait pas été du goût des élus, lesquels auraient préféré un plan plus global à ces dégraissages magasin par magasin.

 

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Lundi 8 septembre 2008

Tout d’abord un grand merci pour vos nombreux témoignages de soutien déposés sur ce blog et via ma messagerie. C’est très réconfortant.

Le directeur du référencement d’une grande chaîne de librairies me disait qu’en six ans de carrière, c’est la première fois qu’on lui demande de retirer un ouvrage de la vente...

A la lecture de plusieurs de vos messages, il m’apparaît important de bien préciser les raisons pour lesquelles la Cour d’appel a ordonné le retrait de la vente du livre « Le secret des Mulliez » et la fermeture de mon précédent blog.

Je subis cette décision dans le cadre d’une procédure civile enclenchée (près de six mois après la sortie du livre ! ) par Benoît Boussemart, expert du cabinet Syndex. Cette personne m’avait été recommandée au cours de mon enquête par plusieurs délégués syndicaux qui avaient eux-mêmes confié à ce cabinet des missions dans les entreprises de la galaxie. J’ai sollicité ses services pour m’aider à analyser les rouages de l’empire et je paie aujourd’hui les conséquences du litige qui nous a opposés au sujet d'élements que lui voulait m’obliger à publier mais que j’ai refusé d’intégrer à l’ouvrage :

1) parce qu'ils n’étaient pas compatibles dans la forme avec une diffusion grand public,

2) parce que, surtout, les conditions de leur élaboration n’étaient pas claires et, en tout état de cause, contraires à la déontologie journalistique.

 

Quand bien même ils ont toutes les raisons de se féliciter de la décision rendue par la Cour d'Appel, il ne serait pas honnête de ma part de laisser se diffuser l’idée que ce sont les Mulliez qui m’ont attaqué. Certes, il me reste sans doute pas mal de choses à comprendre sur les relations entre Benoît Boussemart, le cabinet Syndex et les enseignes où ils sont intervenus. Il n’empêche, je dois reconnaître que je n’ai, à ce stade, pas d’éléments accréditant que la puissante dynastie ait pu faire « cause commune » avec Benoît Boussemart dans le cadre de l'affaire en cours pour brider la diffusion du fruit de mes enquêtes.

 

Depuis deux ans, pourtant, la liste est longue des griefs et reproches qui me sont adressés depuis Roubaix. Quelques exemples parmi les plus significatifs et qui constituent une bonne illustration de l’agacement causé par mes investigations :

-         été 2006 : Thierry Mulliez, président du conseil de gérance de l’AFM, me demande de renoncer à publier la liste des PME et start-up au sein desquels la famille Mulliez est présente en tant qu’actionnaire.

-         janvier 2007 : Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan, s’exprime pour regretter que certaines des informations que je publie créent « des problèmes de sécurité » qui l’inquiètent et provoquent de « graves dégâts auprès de certaines personnes ».

-         mai 2007 : la direction financière d’Auchan envoie un courrier recommandé aux journaux quotidiens qui ont repris des infos (résultats du groupe en avant-première, notamment) que j’avais mises en ligne pour leur demander de ne plus reprendre à l’avenir ce type d’informations.

-         avril 2008 : une ordonnance du Tribunal de grande instance de Paris autorise Auchan à venir récupérer chez l’hébergeur de mon blog l’adresse IP d’un internaute afin de l’identifier et de lui demander de présenter des excuses, sur mon blog, pour un commentaire posté quelques mois plus tôt et qui mettait en cause les pratiques de l’une des directions régionales.

 

Force est donc de constater qu’en obtenant ma condamnation, le retrait du livre et la fermeture du blog, l’expert para-syndical fait un magnifique cadeau à l’AFM et à ses enseignes. Les salariés qui utilisaient mon blog comme espace d’échanges apprécieront. Tout comme les milliers d’internautes qui le consultaient et venaient y chercher une information indépendante sur ce qui constitue le premier empire familial de l’économie française.

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Jeudi 4 septembre 2008
La décision de la Cour d'Appel de Douai m'a été officiellement signifiée mardi 2 septembre. Mon ancien blog, dont les juges ont estimé qu'il contribuait à la promotion du livre interdit, a été fermé et l'ouvrage est en cours de retrait dans les magasins.
Voici le lien vers le sujet (avec ITV audio) consacré par Nord-Eclair.fr  à cette affaire.

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Dimanche 31 août 2008
Comme vous le savez peut-être, je viens d'ouvrir ce nouveau blog du fait de la fermeture imminente de celui que j'animais depuis près de deux ans. Je suis en effet dans l’attente d’un huissier qui devrait venir me signifier l’arrêt rendu mercredi 27 août par la cour d’appel de Douai m'interdisant de poursuivre le blog lempiredesmulliez.typepad.fr dans la mesure où celui-ci a été considéré comme se situant dans le prolongement de l'ouvrage "le secret des Mulliez" et comme un blog réalisant la promotion de cet ouvrage. En effet,  l'injonction de la cour d'appel a été assortie d’une autre mesure, tout aussi radicale : le retrait de la vente de mon livre « Le secret des Mulliez ». 

Cet arrêt est rendu dans le cadre d’une procédure civile enclenchée par Benoît Boussemart, qui a participé à l'ouvrage sous le pseudonyme de Guillaume d’Herblin. Conformément à sa demande, j’avais jusque-là toujours gardé confidentielle sa véritable identité. L’arrivée devant les tribunaux de notre litige - un différend qui portait sur les annexes de l’ouvrage - a, de fait, levé le mystère sur son identité et … sur son statut de salarié au sein du cabinet Syndex. Je ne m’étendrai pas ici sur les raisons déontologiques qui m’ont amené à refuser de publier les annexes litigieuses, ni sur les six mois d’attente entre la sortie du livre et la première assignation…
Je prends acte de cette décision de la cour d’appel et me conformerais, dès qu’elle m’aura été signifiée, aux dispositions qui me font interdiction « de toute exploitation et publicité dudit ouvrage ».
En revanche, on ne peut m'interdire de poursuivre mon travail de journaliste sur l’empire des Mulliez et je continuerai à publier en toute indépendance informations et analyses sur la vie du groupe et de ses enseignes dont je pourrais prendre connaissance au cours de mes enquêtes. Aucun de mes anciens posts relatifs au livre interdit ne sont repris ici, afin de ne pas compromettre la bonne exécution de la décision de justice.
Ce nouveau site est un portail indépendant d’information et un espace d’échanges, en particulier pour les salariés. Chers internautes, je vous souhaite la bienvenue sur ce nouveau blog et je vous incite à y laisser autant de commentaires que sur le précédent.

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Samedi 30 août 2008
La rubrique "Paroles de salariés" était l'une des plus consultées et des plus animées de mon ancien blog. J'invite les internautes à poursuivre ici leurs échanges et à publier sous cette note leurs nouvelles contributions.
J'en profite pour donner quelques infos sur le fonctionnement de ce forum des collaborateurs. La parole est libre. Si vous souhaitez vous exprimez, merci néanmoins de veiller à ce que vos messages soient lisibles et compréhensibles. Je n'exerce aucun tri sur les commentaires. Si vous trouvez que la teneur des propos mis en ligne va trop dans un sens, pas assez dans un autre ; si vous estimez que les avis émis ne sont pas représentatifs de ceux du terrain, n'hésitez pas : réagissez et faites entrendre votre voix.
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Mardi 19 août 2008

L’accession au rang de première fortune de France (voir ma note du 9 juillet) et le coup de projecteur qui en résulte n’y sont pour rien. Il n’empêche : l’association familiale Mulliez semble enfin prête à assumer publiquement son statut de premier acteur non coté de l’économie française. Elle est en effet en train de mettre en place une structure d’investissement en fonds propres très ambitieuse, Indev. Celle-ci aura pour mission de réaliser des acquisitions et de prendre des participations à long terme dans des entreprises, notamment en dehors des métiers de la distribution. L’objectif est non seulement d’accroître le périmètre économique familial mais également de le diversifier.
L’AFM a confié la direction d’Indev à une personnalité bien connue dans le monde des affaires, Bertrand de Talhouët (photo ci-dessus, ©La Voix Eco), Agé de 43 ans, diplômé de Polytechnique et de l’ENA, ce transfuge du groupe PPR accompagnait François Pinault depuis 1994. Il avait quitté au printemps la direction de La Redoute. D'origine bretonne, il a démarré sa carrière au Ministère de l’Economie, dans le corps de l’Inspection Générale des Finances. Son profil est évidemment très inhabituel chez des Mulliez qui réservent d’ordinaire les plus hautes fonctions à d’anciens chefs de rayon. A l’évidence, ce recrutement et la visibilité qu’il ne va pas manquer de conférer aux premiers pas d’Indev, sont le signe d’une nouvelle ère pour la dynastie roubaisienne.
J’aimerais à ce propos rapporter une anecdote qui en dit long sur le changement en train de s’opérer. C’était il y a deux ans, peu avant la sortie du livre « Le secret des Mulliez ». Apprenant que j’allais publier la liste des entreprises de la pépinière Créadev dans lesquelles l’AFM était actionnaire, Thierry Mulliez, le patron du conseil central familial, m’avait en substance tenu ce langage : « ce que vous faites est nuisible pour ces entreprises. Ca n’est pas les aider que de révéler que nous sommes présents à leur capital ». Manifestement, les mentalités ont évolué depuis et les responsables de la dynastie roubaisienne se sont enfin - un peu - décrispés en matière de communication. En effet, il y a quelques semaines, Créadev a mis en ligne son propre site. On y trouve non seulement la liste exhaustive des start’up et PME dans lesquelles la famille Mulliez a pris des participations mais également des informations sur sa stratégie d’investissements et des détails sur l’équipe qui pilote la structure. En particulier Jérome Mulliez et Séverine Tapié, le frère et la sœur d’un certain … Vianney Mulliez, big boss d’Auchan depuis la retraite de l’oncle Gérard.
Ces derniers mois, les Mulliez se sont rendu à l’évidence qu’il était vain de vouloir à tout prix cacher telle ou telle de leurs activités économiques. Vain et contre-productif. Pour exister, réaliser les bons investissements, un fonds doit avoir un minimum de visibilité. Avancer masqué, c’était se de priver d’une vraie caution. D’ailleurs, en faisant son coming-out, Créadev ne manque pas de mettre en avant tout l’avantage qu’il y a pour les entreprises de leur réseau à être adossé à un tel partenaire. Extrait du site : « S'associer avec Créadev, c'est pouvoir accéder à l'environnement de la fédération d'entreprises de la Famille Mulliez. Ces entreprises forment un exceptionnel réseau de compétences professionnelles et d'occasions d'échanges. »

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Mercredi 9 juillet 2008
And the winner is … Le classement 2008 des fortunes professionnelles hexagonales établi par l’hebdomadaire Challenges a rendu son verdict. Avec un patrimoine familial de 21 milliards d’euros, Gérard Mulliez et ses cousins viennent de détrôner Bernard Arnault, le patron de LVMH, dorénavant n°2 avec 18 milliards d’euros. Certes, individuellement, les 550 propriétaires d’Auchan, Leroy-Merlin, Décathlon et autre Kiabi sont beaucoup moins riches que ne l’est l’empereur du luxe. Il n’empêche, cette accession du clan Mulliez à la tête de ce hit-parade a valeur de symbole.
Contrairement aux propriétaires d’entreprises cotées (Bernard Arnault est au capital de LVMH et de Carrefour, deux valeurs qui ont respectivement chuté en Bourse de 23 % et 40 % depuis le début de l’année), les Mulliez - réputés pour leur gestion de père de famille - se sont toujours tenus à l’écart des marchés financiers. Par conséquent, la valeur de leur patrimoine n’a pas été affectée par la récente crise financière et la défiance des investisseurs. Au contraire, leurs actifs continuent de s’apprécier au rythme sonnant et trébuchant des performances économiques de leurs entreprises (au global 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires et près de 2 milliards de résultat net réalisés avec le concours de plus de 300 000 salariés) et non pas de la confiance - aléatoire - des analystes ou du moral des boursicoteurs.
En interne, les experts de l’Association Familiale Mulliez ont revalorisé cette année leur capital de 11 %, un chiffre inférieur à la progression dont les crédite pourtant Challenges. L’écart s’explique notamment par le fait que, dans le passé, l’hebdomadaire économique avait sensiblement sous évalué le patrimoine du clan nordiste. D’où cette forme de rattrapage. Pour certains salariés actionnaires (chez Leroy-Merlin, ils détiennent jusqu’à 18 % du capital de l’enseigne), ces évaluations restent cependant inférieures à la valeur réelle des entreprises. En particulier, les actifs immobiliers du clan (10 millions de m² de surfaces de vente répartis dans une quinzaine de pays) seraient, dit-on, sous-évalués.
De manière plus anecdotique, le chassé-croisé à la tête du classement entre ces deux entrepreneurs emblématiques que sont Gérard Mulliez et Bernard Arnault illustre la revanche du commerce de la France d’en bas sur celui de la France d’en haut. En ces temps de pouvoir d’achat en berne, l’information a, là aussi, valeur de symbole. Les actifs familiaux de l’un, placés depuis 40 ans dans la grande distribution, se sont davantage appréciés que les titres boursiers de l’autre investis, eux, historiquement dans les marque de luxe. En faisant fi des trois milliards d’euros qui séparent les deux familles, on ne peut s’empêcher de mettre en parallèle ces deux formidables réussites patrimoniales. Qui pourtant reposent sur des modèles économiques opposés : l’un a choisi de vendre très cher à une petite élite des produits de grand luxe tandis que l’autre faisait le choix de discounter à grande échelle et pour le plus grand nombre les produits du quotidien. Dernier détail : Bernard Arnault est né à Croix, à quelques centaines de mètres de l’endroit où se trouve aujourd’hui le siège d’Auchan et où réside son successeur à la tête du classement des fortunes françaises…
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Mercredi 11 juin 2008
Six mois tout juste après la reprise des 14 magasins du réseau Ramstore, Auchan Russie est sur le point de finaliser une nouvelle opération de croissance externe. D’après le quotidien russe Kommersant, le groupe de la famille Mulliez s’apprête à mettre la main sur une trentaine d'hypers du distributeur sibérien Alpi. Une opération qui propulsera Auchan au rang de numéro 2 de la distribution en Russie, derrière X5 Retail, avec plus de 60 hypers. Pour prendre la pleine mesure de cette expansion à marche forcée, une comparaison s’impose : en seulement six ans, Auchan se sera doté en Russie d’un parc correspondant déjà à la moitié de son réseau français, constitué lui sur plus de quatre décennies …
A l’heure où la Douma, le parlement russe, s’apprête à légiférer sur le plafonnement des parts de marché des enseignes par zone de chalandise, Auchan fait donc le choix de privilégier les investissements en province. Il est vrai qu’avec une vingtaine d’hypers sur la capitale, l’enseigne y est omniprésente. Une domination qui n’est pas sans agacer localement : depuis quelques mois, le groupe doit faire face à divers contentieux concernant notamment l’immobilier de deux de ses hypers moscovites.
Venant s’ajouter aux points de vente déjà exploités sur St Pétersbourg, Ekaterinbourg, Nijni-Novgorod, Krasnodar et Rostov-sur-le-Don, l’acquisition des magasins d’Alpi, tous situés en Sibérie (Novosibirsk, Omsk, Krasnoïarsk, etc.) conforte le développement national de l’enseigne. Autant dire que s’ils veulent un jour tenter de contester la suprématie d’Auchan dans ce pays, Wal-Mart, Carrefour et Tesco, les leaders mondiaux du secteur, devront mettre les bouchées doubles.
Initialement composé de très grands hypers, le réseau Auchan va présenter, à la faveur des opérations Ramstore et Alpi, un profil plus hétérogène avec de plus petits magasins. Pour ces supermarchés, le groupe a élaboré un concept spécifique, « Auchan City », qui lui permet à la fois de capitaliser sur la forte notoriété de sa marque et de déployer une offre adaptée à des magasins de 4 000 m². Il ne serait pas très étonnant, si le concept Auchan City est validé, qu’il soit à l’avenir également décliné sur la dizaine de supermarchés Atak actuellement exploités par le groupe.
A lire sur le même sujet :
Les bonnes affaires d'Auchan en Russie (site Lineaires.com, mai 2008) 
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Jeudi 15 mai 2008
Les inaugurations de magasins revêtent toujours un caractère festif. Mais en ce jeudi 15 mai, les raisons de la douce euphorie qui régnait pour l'ouverture du 81e Boulanger (photo ci-dessus) à Montévrain (Seine-et-Marne) étaient ailleurs. La cinquantaine de salariés de ce nouveau point de vente, tout comme les 5 915 collaborateurs de l'entreprise, étaient encore sous le coup de l'annonce qui leur a été faite mardi 13 mai. Ce soir-là, à 20.30 précises, sur une émission TV interne diffusée dans l'ensemble des magasins, ils ont pris connaissance de la nouvelle valeur de la part Valboulanger, le fonds sur lequel les salariés actionnaires placent les sommes perçues au titre de la participation aux bénéfices. En un an, les collaborateurs ont vu la valeur de leur patrimoine progresser de 40,54 % ! De loin la meilleure performance annuelle de toutes les enseignes de la galaxie Mulliez. Rappelons, à titre de comparaison, les taux d'évolution des FCP d'Auchan  (+ 6,25 %), de Kiabi (+ 18,76 %) ou d'Atac (- 4,46 %). Chez Boulanger, la surprise est d'autant plus grande que l'an passé, les experts qui définissent les valeurs de part n'avaient accordé que + 1,1 % au titre Valboulanger.
Sur l'année 2007, Boulanger a enregistré un chiffre d'affaires TTC de 1,31 milliards d'euros, en hausse de 12,9 % (+ 8,7 % à surfaces comparables). Ce retournement de situation, qui intervient après plusieurs exercices difficiles, serait le fruit de la politique mise en place par Francis Cordelette, le directeur général, qui a profondément remanié l'entreprise depuis sa prise de fonction il y a quatre ans.
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Lundi 5 mai 2008
(Photo Pierre Le Masson) Il y a des jours où les Mulliez doivent se demander s’ils ont bien fait de soutenir  la campagne de Nicolas Sarkozy. Car en dépit de l’adhésion globale du clan nordiste à la politique de réformes du chef de l’Etat, sur plusieurs sujets, les initiatives du président de la République ou de son gouvernement ont véritablement de quoi les contrarier. Et on ne parle pas ici de son côté bling-bling, à l'opposé des habitudes de discrétion en vigueur au sein de la dynastie roubaisienne.  Il y a d’abord eu, cet hiver, l’affaire du déblocage anticipé de la participation dans le cadre de la loi sur le pouvoir d’achat. Arnaud Mulliez, président d’Auchan France, s’était d’ailleurs fendu d’une tribune dans Le Monde pour expliquer, en substance, que l’actionnariat salarié n’était pas une cagnotte dans laquelle on puisait tous les quatre matins mais bel et bien une épargne qu’il convenait de laisser fructifier.
Rebelote ces derniers jours avec le projet de loi pour la modernisation de l’économie qui sera débattu à l’Assemblée à la fin mai. Certes, globalement, à en juger par les réactions des uns et des autres, cette future loi fait davantage le jeu des distributeurs que des fournisseurs. La possibilité, pour les premiers, de pouvoir négocier les tarifs des industriels devrait leur redonner davantage de marge de manœuvre pour faire baisser les étiquettes en rayon (ou du moins pour en limiter la hausse compte tenu de l’inflation actuelle sur les matières premières). La mesure contribuera évidemment à doper l’attractivité commerciale des enseignes mais elle pèsera lourd sur leurs comptes d’exploitation. D’ailleurs, les représentants des salariés ne sont pas sans s’inquiéter et craignent de devoir faire les frais des investissements qui seront consentis par les enseignes pour financer les baisses de prix. De ce point de vue, Auchan est placé sur le même plan que ses concurrents.
En revanche, en marge de la négociabilité, deux autres volets du projet de loi pourraient, s’ils étaient votés, s’avérer lourds de conséquences pour le géant nordiste. Cela concerne tout d’abord l’assouplissement des conditions d’ouvertures de nouveaux magasins. Avec le nouveau texte, il ne sera plus nécessaire d’obtenir d’autorisation pour ouvrir des points de vente de moins de 1 000 m² (actuellement, le seuil est à 300 m). La mesure, de l’aveu même des promoteurs du texte, vise en particulier à doper le hard-discount qui, de par son format de prédilection, devrait ressortir comme le premier créateur de m² sur la nouvelle tranche « libérée » des 300 à 1 000 m². Les Allemands Lidl et Aldi, tout comme les groupes français Carrefour, Casino et Intermarché, qui possèdent leurs propres enseignes de maxi-discompte (respectivement Ed, Leader-Price et Netto) seront évidemment les premiers à tirer profit de la situation. A l’inverse des acteurs déjà en place, Auchan, qui n’est pas présent sur le créneau du hard-discount, ne sera pas en mesure de surfer sur la vague. Surtout, ses gros paquebots vont faire face à un encerclement en règle de la part des nouveaux hard-discounts qui naîtront dès que seront parus les décrets d’application. Et il serait surprenant que les hypers ainsi attaqués n’y abandonnent pas quelques parts de marché.
Un autre article de la loi de modernisation de l’économie est dans le collimateur d’Auchan. Pour donner des gages au commerce de centre-ville, le projet de loi présentée par Christine Lagarde prévoit d’alléger la taxation sur le chiffre d’affaires (TACA) pour les plus petites surfaces et, en contrepartie, de majorer celle des hypermarchés et de magasins implantés dans les centres commerciaux. Compte tenu de la nature de son parc de magasins, de leur taille et de leur chiffre d’affaires par mètre carré et de la contribution de ses hypermarchés à ses  résultats sur l’Hexagone, Auchan est le distributeur français qui devrait le plus durement ressentir ces 25 % d’augmentation de la TACA. Le groupe a embauché il y a quelques mois un lobbyiste. Inutile de dire que son programme pour les semaines qui viennent est particulièrement chargé...
par Bertrand Gobin ajouter un commentaire
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Fort de ses 300 000 salariés et de ses 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'empire des Mulliez constitue le premier acteur familial de l'économie française. Il ne s'agit pas d'un groupe à proprement parler mais d'une galaxie d'entreprises ayant en commun d'être contrôlées par les membres de l'association familiale Mulliez (AFM).
Les principales enseignes sont : Auchan, Leroy-Merlin, Décathlon, Boulanger, Kiabi, Pimkie, Flunch, Atac, Norauto, Kiloutou, Cultura, Brice, Jules, Xanaka, Top Office, Picwic, etc. La plupart ont leur siège dans le Nord, autour de Roubaix, le berceau des Mulliez.

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