Quand Auchan a repris les Docks de France (Mammouth) en 1996, il s'est retrouvé avec une participation de 50 % dans une boutique Sainsbury à Calais. Très prisée des touristes britanniques désireux de remplir leur coffre en vins et spiritueux aux prix français avant de reprendre le ferry, elle fonctionnait très bien. Jusqu'à l'introduction de l'euro et la baisse de la livre, qui ont singulièrement réduit l'intérêt de ces importations. Le déménagement et l'agrandissement du point de vente n'ayant pas permis d'enrayer la chute des ventes, la boutique a vu son chifrre d'affaires fondre de 75 % depuis 2002. Sans surprise, Sainsbury a donc décidé de jetter l'éponge et, comme l'a annoncé La Voix du Nord, de fermer la boutique. La direction a évoqué des reclassements "dans le groupe, afin d'éviter tout licenciement". A voir si les hypermarchés "voisins" de Grande Synthe ou Saint Omer reprendront l'intégralité des 13 personnes travaillant à Calais.Ce que l'article du quotidien nordiste ne dit pas, c'est qu'Auchan, dorénavant seul maître à bord, a d'autre projet pour le site, et notamment la création d'un Drive. Mais cela n'a pas été évoqué devant les salariés, la direction préférant, à l'évidence, gérer séparément les conséquences sociales de la fermeture du Sainsbury, puis, dans un second temps et avec une nouvelle équipe, l'ouverture du Drive.
Par ailleurs, la création de la holding Drive a nécessité d'évaluer les actifs apportés. Détenteurs, à titre personnel et avec leurs parents, de 10 % du capital de Chronodrive, ses deux fondateurs, Ludovic Duprez et Martin Toulemonde, avaient évidemment à coeur de valoriser au mieux leurs participations. Comme souvent chez les Mulliez, l'évaluation ne s'est pas faite sans quelques remous. De mauvaises langues sont même allées jusqu'à insinuer que l'un des objectifs de la campagne de relations presse menée par Chronodrive en janvier (avec notamment l'annonce du doublement du parc sur 2010) avait pour but principal de favoriser une évaluation à la hausse de la valeur de l'entreprise.
La société Agapes, pôle restauration de la galaxie Mulliez, a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires hors taxe de 818 millions d'euros, en hausse de 5,3 % par rapport à l'année précédente.