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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 23:00

 

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Alors que démarre sa traditionnelle opération promotionnelle des 25 jours, Auchan France est sous pression maximale. Jamais sans doute dans son histoire, l’enseigne d’hypermarché n’avait abordé une fin d’année de manière aussi affaiblie. Sur les neuf premiers mois de 2014, la filiale française du groupe nordiste accuse un retard de 430 millions d’euros par rapport à son objectif de 500 millions de cash* à atteindre sur l’exercice. Certes, chez Auchan, du fait de la politique commerciale, le poids des ventes de fin d’année est très supérieur à la moyenne du secteur. Par le passé, il est arrivé que des mois de décembre génèrent une activité équivalente à celle de quatre mois creux. Sauf que cette année, la capacité de l’enseigne à finir sur les chapeaux de roue semble relever de la mission impossible. Auchan subit de plein fouet la guerre des prix qui fait rage entre enseignes. En rayon, le prix de vente moyen des articles a chuté de 2,5 % depuis janvier. Du fait de la baisse du pouvoir d’achat, cette déflation ne profite pas aux volumes vendus. Conséquence : le chiffre d’affaires est également en repli de 2,5 % par rapport aux neuf premiers mois de 2013.

 

Les chefs de rayon ont perdu leurs repères

Dans les magasins hexagonaux, le pessimisme gagne toutes les catégories de salariés. Plusieurs des initiatives prises depuis un an par Vincent Mignot, le directeur général, ont eu pour effet de déboussoler le personnel, y compris l’encadrement. Il y a d’abord eu le remplacement des 53 rayons par 99 marchés et la suppression de la consolidation des secteurs. Finies les traditionnelles péréquations de marges qui permettaient de piloter en temps réel la rentabilité. « Les chefs de rayons ont perdu leurs repères, explique un délégué syndical. Etranglées par l’alignement des prix sur ceux des concurrents, les équipes commerciales n’ont plus qu’une visibilité très réduite sur la rentabilité de leur commerce. » Par ailleurs, le plan de départ de 800 cadres initié en début d’année provoque une véritable saignée dans les magasins. Sans parler des 58 millions d’euros provisionnés sur l’exercice pour financer ce plan.


"Aujourd'hui, l'emploi est véritablement menacé"

Les récentes alliances aux achats annoncées avec Système U et Metro ne produiront leurs premiers effets que sur l’exercice 2015. Reste que les quelques dizaines de millions d’euros qu’elles permettront d’obtenir des fournisseurs seront loin de compenser la dégradation des résultats de l’entreprise en France. En 2009, Auchan France générait 1 milliard de cash. Au rythme actuel, l’entreprise pourrait ne plus rien gagner d’ici deux ans.

La baisse des résultats pèse significativement sur les multiples primes (intéressement, participation, progrès, actionnariat salarié) en vigueur chez Auchan. « Mais il y a plus grave, s’alarme un délégué du personnel. Aujourd’hui, l’emploi est véritablement menacé ». Ainsi, une vingtaine de magasins seraient durablement en difficulté. La conjoncture liée à la crise, à la baisse du pouvoir d’achat et à la guerre des prix sur les grandes marques de PGC est loin d’être seule en cause. L’évolution même du métier et le concept de grand hyper - l’ADN d’Auchan - posent question.


« Nous sommes en fin de cycle » reconnaît un actionnaire familial. L’enseigne souffre comme jamais sur le non-alimentaire, en particulier sur l’équipement. Les soldes textile du début de l’été ont fait un flop. Des réflexions sont en cours autour de formes de vente « cross canal » : faut-il se contenter d’un showroom en magasin et privilégier la vente en ligne ? « Ce qui est sûr, commentait récemment l’un des dirigeants de l’entreprise, c’est qu’il faut que nos équipes réalisent que nous ne pourrons continuer avec ce modèle, sur cette pente. Il y aura forcément des renoncements ».


Vincent Mignot est persuadé qu’il tient le bon cap. « Si vous doutez, vous n’avez plus votre place » intime-t-il à ses cadres. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pourtant contre lui dans l’entreprise. On lui reproche pêle-mêle de n’avoir pas su s’affranchir d’Arnaud et de Gérard Mulliez - lesquels semblent d’ailleurs continuer de lui faire confiance -, de ne pas s’être suffisamment bien entouré, et puis surtout d’avoir multiplié à l’excès projets et priorités au point de plonger l’entreprise dans une situation inextricable.

Au mois d’août, lors de la présentation des résultats semestriels, la direction du groupe avait émis l’équivalent d’un avertissement sur les résultats de la France et de l’Italie. Depuis, dans la péninsule, Christian Iperti, le directeur général de la filiale, a été débarqué. Même si officiellement il s’agit de le nommer « directeur de la supply chain internationale du groupe ». En France, du fait du plan de reconquête lancé au printemps, Vincent Mignot semble bénéficier d’un sursis. La réussite ou non de l’opération des 25 jours sera cruciale, non seulement pour l’entreprise, mais également pour lui-même.


* en terminologie Auchan, le cash correspond à l’EBITDA, le résultat d’exploitation avant amortissements, frais financiers et impôts.

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Published by Le Blog Mulliez - dans L'actualité de l'empire
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commentaires

gilais 08/05/2015 14:11

pour qoui mr gerard mulliez vire t il des cades sans raison alors
qu il fait partie des plus gros fortune de france

nolbert 28/01/2015 03:26

pas etonnant,allez faire un tour a auchan saint quentin(02)!!!prix affiche d une viande 16,95,paye 19.95 ,agents de securite en prime!!!(fotos a l appui).les clients en on marre de payer plus qu il
ne devrait

SMICARD 59 19/12/2014 00:01

A la longue quand Monsieur Gérard Mulliez nous aura quitté,je craint que les financiers qui dirigent l'entreprise(ceux qui vont jusqu’à nous chronométrer)mettent l'entreprise en bourse.
Moralement on aura tout vu alors un peu plus ou un peu moins...
Les primes sont a zéro,le treizième mois menacé,si les syndicats se bougent, je bougerai aussi sans hésiter.

Baby " Face " Nelson 15/12/2014 11:56

En réponse et en accord total avec Pascal ci dessus pour la suite des evenements à venir concernant nos primes qui étaient le booster de notre motivation,il faut bien se mettre à l'évidence que ces
sources de revenus supplémentaires qui étaient l'un des fondements qui nous différencier avec la concurrence se sont taries et réduites en peau de chagrin. D'ailleurs il est facile de voir tout
comme l'ambiance dans le pays tout entier qu'actuellement la morosité soit de mise.Ou si vous préférez l'indice de confiance.Quand à mon magasin à moi le taux de prime et pour ainsi dire le même.
Comment vu la conjoncture actuelle pourrait il en être autrement. Nos inquiétudes se reportant surtout sur notre épargne salariale avec le taux de participation 2014 ainsi que Valauchan.Il faudrait
se poser aussi la question sur les investissements surtout immobiliers en cours en se posant la question n'avons nous pas trop déshabillé Paul (Auchan) pour habillé Pierre (immobilier Immochan)
afin que la mariée soit plus belle.Une erreur de casting en quelque sorte. D'autant plus qu'Auchan réalise son chiffre d'affaire et ce en constante augmentation à l'étranger. L'erreur de casting
venant aussi du fait que la branche commerce est courue plusieurs lièvres à la fois. Du moins c'est l'impression que cela en soit ainsi.Nous constatons également que malgré une bonne affluence il y
a beaucoup de promeneurs et que les clients attendent le dernier moment pour leurs achats et les éventuels stickage. Surtout aux rayons chocolats et jouets. En espérant que les 25 jours ainsi que
les blacks friday est pu ramener du cash flow afin que le navire puisse reprendre paisiblement sa vitesse de croisière. Mais aussi un prôbleme récurrent dans mon magasin, dans les autres peux être
aussi les effectifs ont fondus comme neige au soleil à un point qu'il n'est pas rare de voir un conseiller s'occuper de 2 rayons à la fois voir 3 durant les coupures ou après 19 heures, les congés
ou les arrêts maladie. Idem pour les agents de maîtrise qui se retrouvent avec 2 ou même 3 rayons.En clair ça manque de bras surtout que les réserves explosent du fait des carences en personnel
avec des frais sur stocks supplémentaires.Il serait aussi souhaitable qu'à travers les cadres et directions nos dirigeants communiquent un peu plus afin de nous entretenir des orientations de
l'entreprise afin d'avoir un peu plus de visibilité dans le cadre des attributions de chacun d'entre nous.Bonne fêtes de fin d'année à tous.

Pascal Burbure 15/12/2014 10:38

Nouveau coup de massue pour les fêtes.0,03% le taux de prime de progrès et 3,21 Euros la part dans un magasin de la banlieue lilloise. A peine 10 Euros et même moins avec la CSG et le CRDS à
déduire pour un 35 heures pour 4 mois puisque la prime annuelle qui n'est en rien un 13éme mois est prise en compte pour le calcul de cette même PP.Voila le résultat de 3 mois de labeur pour
l'ensemble des collaborateurs. Imaginez la prime d'un ou d'une 27 heures/semaine pour certains ELS et l'ensemble des Caisses qui sont à 95% à temps partiel (7 ou 8 Euros). En attendant la prime de
mars 2015 qui reflétera le trimestre des fêtes + soldes (décembre, janvier, février)et qui tombera à peu de chose prête en même temps que le taux de participation de 2014 ainsi qu'à venir le mois
suivant au taux de Valauchan avec sa nouvelle valeur de part. Bonne journée à tous.

dhumerelle lionel 11/12/2014 13:35

j ai une carte fidelité n° 0491163598556 de 44;25EURO pas moyen de decagnoté si vous faite ça a tout les clients pas géner de devenir riche Auchan.fr aucun renseignement

pablo 27/11/2014 09:12

Quand un jour ,une entreprise OSE chronométrer un employé par 2 cadres plus 1 à l'oreillette pour grappiller je ne sais combien de minutes ,c'est la FIN !
Normal .....

pierson 26/11/2014 21:15

Bonjour Monsieur Mulliez,
Je viens de voir sur votre site mulliez galaxy que vous quitter le groupe.moi même je fait partie du groupe (boulanger de puis 27 ans ) je comprend votre décision vous avez pensé à votre entreprise
et à la galaxy c'est vous PDG

Eden 17/11/2014 18:36

J'ai appris qu'en période difficile il fallait éviter les changements importants et bétonner les basiques métier de tous les métiers. Ne pas oublier qu'un collaborateur a besoin de son territoire
de responsabilité de l'appro à la vente. Où sont les rebelles aujourd'hui.

Nuncia Ferrarini 13/11/2014 12:03

Depuis longtemps nous pensons que le modèle d'Auchan est en perte de vitesse. Les mauvais résultats de ces dernières années ne sont pas conjoncturels comme la DG voudrait le faire admettre mais
structurels. Ils sont la conséquence de mauvais choix stratégiques. En décalage avec l'optimisme endémique à Auchan, je pense que sans une modification radicale de la façon de penser l'entreprise,
les résultats vont malheureusement continuer à se dégrader. Il est indispensable d'intégrer à très court terme des hommes et des femmes sans passé Auchan dans la gouvernance, de façon à apporter
une dynamique nouvelle sans pour autant oublier la culture et les valeurs. Il y a urgence, dans un an, il sera trop tard!

La face cachée de l'empire Mulliez

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L'empire des Mulliez

AFM2Fort de ses 600 000 salariés et de ses 86 milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'empire des Mulliez constitue le premier acteur familial de l'économie française. Il ne s'agit pas d'un groupe à proprement parler mais d'une galaxie d'entreprises ayant en commun d'être contrôlées par les membres de l'association familiale Mulliez (ci-dessus la photo du siège de l'AFM à Roubaix).
Les principales enseignes sont : Auchan, Leroy-Merlin, Décathlon, Boulanger, Kiabi, Pimkie, Flunch, Atac, Norauto, Kiloutou, Cultura, Brice, Jules, Grain de malice, Top Office, Picwic, Phildar, etc. La plupart ont leur siège dans le Nord, autour de Roubaix, le berceau des Mulliez.

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