Dans la foulée des propos télévisés de Nicolas Sarkozy le 5 février
visant à encourager les entreprises à reverser 1/3 de leurs profits aux salariés, Auchan a été cité en exemple par plusieurs médias. Notamment le 20 heures de France 2 du mercredi 18 février. A
l'antenne, une hôtesse de caisse a ainsi expliqué gagner 15 mois et demi de salaire par an grâce à l'intéressement et à la participation.A l'écran également, une infographie montrant que chez Auchan 41 % des profits reviennent aux salariés, un chiffre effectivement au-delà de la règle évoquée par le chef de l'Etat. L'enseigne-phare des Mulliez est incontestablement pionnière en la matière et se classe parmi les sociétés françaises redistribuant le plus à ses collaborateurs. Quelques précisions méritent tout de même d'être apportées :
- le chiffre communiqué aux journalistes est celui de l'exercice 2006. En 2007, sur les mêmes bases, la part des profits reversés aux salariés était de 36 %. Pour l'exercice 2008, il faut encore attendre quelques semaines avant de connaître le ratio.
- surtout, la présentation en "parts de gâteau" et la méthode de calcul pour aboutir à ce chiffre de 41 % manquent de rigueur. Oui, les 306 millions redistribués aux collaborateurs en 2006 représentent l'équivalent de 41 % des 754 millions d'euros du résultat net. Mais ils n'en sont pourtant en rien issus, puisque préalablement déduits. Pour être exact, le calcul aurait dû être 306 / (306 + 754) = 28,9 %. Un taux tout à fait honorable, mais éloigné des 41 % mis en avant.


Un sujet qui n'est pas en lien avec les Mulliez mais qui renvoie au thème du partage des profits, de l'appétit des actionnaires et du train de vie et des passions des plus aisés
d'entre eux.
Par delà cette progression des ventes, c'est surtout un autre chiffre qui est à l'origine
des larges sourires affichés ces dernières semaines dans les couloirs du siège. Auchan France a en effet dépassé d'environ 10 millions d'euros l'objectif de 890 millions de cash flow brut
sur lequel Philippe Baroukh
Il y a huit mois, pourtant, au moment de l'annonce de son entrée au capital, à hauteur de
80 %, Bruno Donville (
Selon des sources roumaines, un des co-propriétaires de ce second bloc de titres
conteste aujourd'hui les conditions de la cession et particulièrement le protocole d'accord signé le 18 décembre 2008 par Régis Mougel, président-fondateur de MGV Distri-Hiper. Les titres en
question sont portés par une société immatriculées à Chypre, Appline Holding Ltd, dont Régis Mougel est l'actionanire majoritaire. La liste des associés, cofondateurs - aux côtés de Régis Mougel -
inclut une dizaine de personnes, pour la plupart des anciens salariés de Cora qui avaient suivi Régis Mougel dans son projet lorsque celui-ci - alors directeur d'un hypemarché de cette enseigne en
Roumanie - avait été licencié.
Jean Mailly, l’homme à l’origine du développement d’Auchan en Europe de l’Est et en Russie s’apprête à prendre sa retraite. Parti en 1996 en
Pologne, il avait ensuite « ouvert » la Hongrie, puis la Russie en 2002 et enfin l’Ukraine l’an passé. Fin connaisseur des rouages complexes et opaques qui régissent les relations
avec les politiques moscovites, il a fait de Moscou
Atac, c'est (presque) fini.
A l'opposé en termes d'offre, et pour le coup franchement audacieux : le dossier de l’ouverture, d'ici 2011, au nord de Rennes - sur la commune de
Betton précisément - d’un hypermarché tout bonnement dépourvu de rayons alimentaires et qui prendra vraisemblablement l'enseigne "Auchan Maison". Une option qui s’explique par le fait que
le site se trouve encore en rase campagne
Pour l'occasion, il bénéficiera d'un terrain cédé par ... Décathlon, lequel est
déjà présent sur place avec un Village Oxylane, tout comme Leroy-Merlin. Ce Auchan Maison ne sera pas totalement dépourvu d'alimentaire puisque le groupe a prévu de lui adosser un Drive. Une
manière discrète de préparer les esprits pour quand, au bout de deux ou trois ans d'exploitation, la direction de l'hyper viendra expliquer au maire que s'il lui donne le permis de construire une
extension alimentaire, cela générera 300 emplois supplémentaires sur sa commune...
A
plus long terme, c’est cependant un objectif d’une toute autre dimension que Vianney Mulliez
La prise de participation ou la montée au capital des entreprises travaillant déjà avec le groupe est évidemment une piste de développement. C’est ainsi qu’Auchan a annoncé le 19 janvier
avoir acquis, en Roumanie, l’intégralité des titres de son partenaire MGV Distri-Hiper, qui devient donc filiale à 100 % du groupe. La liste des affiliés / franchisés titulaires de contrats avec
l’enseigne au rouge-gorge inclut Schiever (France et Pologne), AZ Spa (Italie), Ruentex (Chine et Taïwan), Furshet (Ukraine) ou encore Nakheel (Dubaï). Echaudés par le divorce avec ONA au Maroc
en 2007, le groupe nordiste est devenu prudent en matière de joint-venture. Une prudence que ne fait que conforter, par exemple, les relations difficiles avec le partenaire ukrainien, le
bouillant Igor Balenko (ci-contre).
La dégringolade de leurs cours de
bourse ont rendu nombre d’opérateurs beaucoup plus vulnérables. Pour des groupes non cotés comme Auchan, dont la marge de manœuvre est beaucoup moins affectée par la crise financière, les
opportunités sont réelles. Enfin, des accords capitalistiques avec des distributeurs contrôlés par des familles soucieuses d'engagement sur le long terme ne sont pas non plus à
exclure.
- Paris Match a sorti une collection de 14 livres de photos aériennes signées Franck
Mulliez. Chaque jeudi, les lecteurs de l'hebdomadaire peuvent acquérir en supplément un volume de "Vol au dessus de la France". Passionné d'hélicoptère, tout comme son père Franky (le fondateur de
Kiloutou), Franck Mulliez n'en est pas à son coup d'essai. Il avait déjà édité plusieurs ouvrages avec Géo.
Derniers Commentaires