En 2008, Cultura fête ses 10
ans d’existence. Fondée par Philippe Van der Wees, un ancien cadre de Kiabi, la « petite Fnac qui monte » compte désormais 38 magasins sur l’Hexagone. Bien que n’étant pas
détenue par l’association familiale Mulliez, l’enseigne n’en fait pas moins partie de la galaxie nordiste. L’épouse de Philippe Van der Wees, Muriel, est en effet l’une des filles d’André
Mulliez, l'un des piliers du clan, et fait partie des sept associés familiaux élus au conseil central de l’AFM. Son mari, lui, préside le conseil de surveillance de l’enseigne de
prêt-à-porter Xanaka. Jusqu’à présent, le couple actionnaire est parvenu à autofinancer le développement de l’entreprise, aidé - il est vrai - par quelques cousins qui interviennent à titre
individuel, en marge du pacte collectif. De ce point de vue, la situation actionnariale de Cultura contraste avec celle qu’avait connue Décathlon en 1980. Michel Leclercq, le
fondateur de l’enseigne, confronté à des problèmes de trésorerie pour financer son expansion, avait alors été contraint de faire souscrire une augmentation de capital par l’association
familiale. Et par conséquent d’abandonner son statut d’actionnaire majoritaire. Une alternative qui n'est manifestement pas à l'ordre du jour chez Cultura.
Au lendemain de l’annonce de ses résultats 2007, le groupe Auchan a communiqué à ses salariés actionnaires la nouvelle valeur de la part du Fonds Commun de Placement Valauchan. Elle s’établit désormais à 322 euros, soit une progression de 6,25 % par rapport à l’an passé.
Au regard des comptes publiés et des perspectives de développement de l’entreprise (notamment liées à l’ambitieux plan Vision 2015 et aux investissements réalisés en 2007 : 1,7 milliard
d’euros, un montant en hausse de 45 %), on observe la déception de certains salariés qui s’attendaient à une revalorisation plus forte de leur portefeuille. A titre de comparaison, l’an passé,
la valeur de la part avait progressé de 10,16 %.
Le fonds Valauchan est composé de titres Auchan
(à hauteur de 82 %) et d'une caisse de rachat (18 %) destinée aux remboursements de parts en cours d'année et constituée de produits financiers. L'évolution de la part Valauchan est donc la
résultante de l'évolution pondérée de ces deux catégories de titres. Si les experts ont revalorisé de 8 % la valeur des titres Auchan, en revanche, du fait de la crise
financière, la caisse de rachat a perdu 1,9 % sur l'année, pénalisant proportionnellement la part Valauchan.
Les salariés d’Auchan qui ont choisi de placer leur capital dans Valauchan peuvent se consoler et se dire qu'ils ont enregistré de meilleurs résultats sur les douze mois écoulés que leurs
collègues de Carrefour ou Casino, deux entreprises dont le capital est directement exposé aux aléas des places boursières. Les titres de ces deux groupes cotés
se sont en effet respectivement repliés de 8,4 % et 1,6 % depuis avril 2007.
Résultant de la même estimation d’experts que celle retenue par la famille Mulliez pour ses propres titres, la valorisation de la part Valauchan reflète à la fois les performances du groupe sur
l’année écoulée, la situation sur l’exercice en cours et les perspectives d’avenir. A défaut de cours de Bourse, c’est la seule communication qui permette d’apprécier l’évolution de la valeur
de l’entreprise. Une information toujours très attendue s’agissant du premier groupe familial non coté de l’économie française.
Au sein du groupe nordiste, l’actionnariat salarié tient une place particulière. Mis en place dès 1977 par la famille Mulliez, il représente aujourd’hui 13 % du capital de l’entreprise, ce qui
fait d’Auchan l’une des entreprises hexagonales les plus impliquées sur ce dossier. Un dossier qui est revenu sous les feux de l’actualité ces derniers mois à la faveur de deux prises
de position contradictoires de Nicolas Sarkozy : 1) sa volonté d’encourager les entreprises à développer l’actionnariat salarié, facteur de stabilité capitalistique 2) le recours aux
déblocages anticipés des sommes placées au titre de la participation afin de soutenir le pouvoir d’achat.
Chez Auchan, 97 % des collaborateurs sont actionnaires. Pour un tiers d’entre eux, les sommes capitalisées représentent plus d’un an de salaire. Le patrimoine moyen d’un actionnaire
Valauchan s’établit à 29 102 euros.
En 2007, Auchan a étendu le bénéfice de l’actionnariat salarié à ses salariés chinois. Cette année, ce sont les collaborateurs russes qui vont expérimenter le système.
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Le groupe Décathlon vient de publier une (petite) partie de ses résultats
pour l'année 2007. Le chiffre d'affaires hors taxes ressort à 4,48 milliards d'euros, en hausse de 11,7 %. Cette croissance est due à la fois à l'ouverture de nouveaux magasins (32 unités créées
l'an passé, principalement en France, Italie et Espagne) et à de bonnes performances (+ 7,5 %) dans les points de vente existants.
Le groupe Auchan a inauguré vendredi 27 mars son
premier hypermarché ukrainien, dans la capitale Kiev. Le point de vente s'étend sur 14 200 m², compte 90 caisses et emploie 548 salariés. Pour faire venir les clients du centre-ville, l'enseigne
propose des navettes par bus. On les voit en jaune sur la photo ci-dessus.
Un détail sur cette photo : on peut
remarquer à droite, au-dessus des gondoles, un impressionnant empilement de palettes. Comme dans les autres pays de l'Est, Auchan joue à fond la carte du discount et de la massification de l'offre
façon entrepôt.
A la manière de Cécilia ex-Sarkozy, qui
réservait ses déclarations à l'Est-Républicain, c'est au Bien Public, le journal de Saône-et-Loire que Thierry Mulliez, le patron de l'AFM, a récemment accordé une interview. C'est la première fois
en 10 ans de mandat que le président du conseil familial Mulliez s'exprime dans la presse. Le fait qu'il ait choisi ce petit quotidien régional plutôt que les prestigieuses colonnes des Echos, du
Figaro ou du Monde est révélateur de ce provincialisme auquel les Mulliez sont tant attachés.
Le magazine Linéaires a mis à jour son classement annuel des 100
hypermarchés français ayant généré les plus gros chiffres d’affaires. Au coude à coude, les deux enseignes Auchan et Carrefour placent chacune 44 points de vente dans le hit-parade 2007. Des
magasins qui apportent évidemment une contribution décisive aux performances globales des groupes.
« Il y a 20 ans, quand les
jeunes diplômés de la région lilloise sortaient de l’école, ils rêvaient tous d’intégrer Auchan. Aujourd’hui, c’est chez Leroy-Merlin qu’ils ont le plus envie d’entrer ». Ce témoignage en dit
long sur l’attractivité comparée de ces deux enseignes phares de la galaxie Mulliez. Performances, perspectives de croissance, culture d’entreprise : le groupe Adéo est aujourd’hui une très belle
machine économique, positionnée – qui plus est – sur un secteur en plein dynamisme : le bricolage et l’aménagement de la maison.
L'année 2008 sera celle de l'expansion nationale pour l'enseigne
Chronodrive. Inauguré dans le Nord en février 2004, ce concept qui associe commandes sur internet et enlèvement sur site est entré en phase de démultiplication. Après Marcq-en-Baroeul, Croix
et Hallennes-lez-Haubourdin, dans le Nord, la filiale d'Auchan a mis le cap sur la région nantaise (Orvault et Basse-Goulaine) et va prochainement ouvrir ses premiers sites en régions
parisienne (Ballainvilliers) et bordelaise (Le Haillan). Ludovic Duprez et Martin Toulemonde, les co-fondateurs de Chronodrive, annoncent au total huit ouvertures pour l'année en cours.
Devenu depuis président de la filiale espagnole, Coignard est assurément l’un des hommes qui
montent au sein du groupe et il est de plus en plus question de son prochain retour au siège nordiste. Le départ programmé de Christophe Dubrulle et la probable dissociation entre la direction de
la branche hypers et la présidence du directoire ouvre des perspectives. Un jeu de chaises musicales est à prévoir. Il ne serait pas surprenant que Coignard en profite, et avec lui son ancien
complice Fabiani. Or, pour prétendre à de nouvelles fonctions, celui-ci devait pouvoir ajouter une ligne « magasin » à son CV, un préalable indispensable chez Auchan. D’où cette mise en condition
au magasin de Leers, accessoirement l’hyper le plus proche du siège.
Ayant fait le choix de ne pas regrouper dans une seule et même holding les
entreprises qu’elle contrôle, l'Assocation Familiale Mulliez (ci dessus, la photo de son siège roubaisien) ne publie pas de comptes consolidés. Voici cependant la compilation des résultats des
différentes enseignes du clan nordiste pour l’année écoulée. Globalement, le chiffre d’affaires cumulé des principales enseignes détenues par les membres de la famille atteint 56 milliards
d’euros (+ 6,7 %), y compris l’intégration proportionnelle des sociétés au sein desquelles l’association familiale Mulliez (AFM) détient des participations minoritaires.
(photo AFP)
(
L'information devrait bientôt être officialisée : Gérard Mulliez va
quitter la présidence du conseil de surveillance d'Agapes, la branche restauration de la galaxie Mulliez (enseignes Flunch, Pizza Paï, Amarine, Trois Brasseurs, SoGood). Après la
présidence d'Auchan en mai 2006, c'est donc son dernier fauteuil que l'emblématique sexagénaire s'apprête à abandonner. Il y a encore un an, il semblait acquis que la relève allait être assurée
par Gaétan Mulliez. Coup de théâtre pourtant ces dernières semaines avec la décision prise par le conseil de gérance de l'association familiale Mulliez (l'AFM, actionnaire majoritaire d'Agapes)
de nommer Jean-Louis Landrieu (jusque là directeur de l'enseigne Flunch) en remplacement de Gérard Mulliez. Autrement dit, Gaétan Mulliez, bien qu'actionnaire, a été écarté de cette fonction
stratégique au profit d'un "non-familial".
Le départ
programmé de Christophe Dubrulle (photo ci-contre) ne constitue pas une surprise. Agé de 63 ans, il formait avec Gérard Mulliez, qui l’avait embauché comme manutentionnaire dès 1964, un
véritable tandem. La retraite de son mentor et la nomination de Vianney Mulliez, en juin 2006, laissaient présager son remplacement. Un an après son arrivée, le représentant de l’association
familiale Mulliez, actionnaire majoritaire, a donc manifestement estimé que le moment était venu d’injecter du sang neuf à la tête du groupe. C’est tout le sens de cet élargissement du
directoire et de la mise sur orbite de Benoît Lheureux.

Fort de ses 395 000 salariés et de ses
68 milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'empire des Mulliez constitue le premier acteur familial de l'économie française. Il ne s'agit pas d'un groupe à proprement parler mais d'une
galaxie d'entreprises ayant en commun d'être contrôlées par les membres de l'association familiale Mulliez (AFM).
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