Fort de ses 395 000 salariés et de ses 68
milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'empire des Mulliez constitue le premier acteur familial de l'économie française. Il ne s'agit pas d'un groupe à proprement parler mais
d'une galaxie d'entreprises ayant en commun d'être contrôlées par les membres de l'association familiale Mulliez (AFM).
Les principales enseignes sont : Auchan, Leroy-Merlin, Décathlon, Boulanger, Kiabi, Pimkie, Flunch, Atac, Norauto, Kiloutou, Cultura, Brice, Jules, Grain de malice, Top Office, Picwic, Phildar,
etc. La plupart ont leur siège dans le Nord, autour de Roubaix, le berceau des Mulliez.
Le blocage de l'entrepôt de Brice au Mans a été levé mardi 23 juin en fin de journée. Dans la foulée des nouvelles propositions faites par la direction, "bien au-delà des propositions
initiales" d'après des salariés, la fin de la grève a été votée à l'unanimité. Les négociations ont repris.
Non évoqués dans un premier temps, d'éventuels reclassements au sein de magasins sarthois de la galaxie Mulliez pourraient être mis sur la table. Une précision : la société Artediem (enseigne
Cadréa), qui a elle aussi son siège au Mans, n'est pas concernée par cette jurisprudence de bon cousinage. Bien que propriété d'un membre de la famille Mulliez (Patrick Bayart), elle est -
contrairement à Brice - totalement indépendante du périmètre de l'association familiale Mulliez.
Comme des millions de Français, les salariés du siège de Brice au Mans ont sans doute vu "Bienvenue chez les Ch'tis". Dans la vraie vie, pourtant, la perspective qui leur est offerte de
rejoindre Roubaix ne les fait pas franchement rire. Consécutive au rapprochement de l'enseigne avec Jules et
Brice, la décision de déménager le siège sarthois ne plaît guère aux employés. Depuis la semaine passée, 71 des 104 salariés concernés sont en grêve (photo Le Mans
TV) et bloquent l'entrepôt. Alors que la plupart des salariés ont décliné les propositions de mutation dans le Nord, le conflit porte sur les mesures d'accompagnement : congés de
reclassement et indemnités de licenciement. La direction propose 10 000 euros ; les syndicats réclament 15 000 euros plus 3 000 euros par année d'ancienneté.
Le lien vers l'interview de
Hugues Mulliez mise en ligne par le Journal du Net suite à la conférence de presse de ce mardi 16 juin.
A cette occasion, le patron fondateur de Youg's a indiqué que les deux réseaux seraient exploités sous la seule enseigne Surcouf. Rénovés, les 5 points de vente de l'ancienne filiale de PPR vont adopter une politique commerciale fondée d'une part sur un élargissement de l'offre et d'autre part sur une baisse des
prix de manière à ce que les prix en magasin soient au niveau de ceux pratiqués sur les sites de vente en ligne.
C'est fait. Dans un
très bref communiqué le groupe PPR a annoncé ce jeudi 11 juin avoir cédé sa filiale Surcouf à Hugues Mulliez, propriétaire de l'enseigne Youg's. Une transaction atypique du fait de l'écart
considérable de taille et de notoriété entre ces deux entreprises spécialistes de la distribution de matériel informatique. Une fois n'est pas coutume, c'est le petit qui croque le gros. Fondé en
1999 par Hugues Mulliez, fils de Stéphane (pour sa part créateur de l'enseigne Picwic), Youg's compte trois magasins à Villeneuve d'Ascq (59), Hénin-Beaumont (62), Lieusaint (77) et peine à ouvrir
son 4e (voir ma brève du 4 juin). Surcouf, de son côté, a été créé en 1992, repris par PPR en 2000, et a réalisé l'an passé au travers de ses cinq points de vente (dont deux "locomotives"
parisiennes) un chiffre d'affaires de 225 millions d'euros.Le montant de la transaction n'a pas
été communiqué.
On sait seulement 1) que François-Henri Pinault avait un
besoin urgent de séparer de cette enseigne qui enchaînait les pertes depuis quatre ans 2) que les Mulliez ne sont pas du genre à surpayer leurs rares acquisitions. Hugues Mulliez intervient ici à titre individuel, en marge de l'association familiale. Il était même en concurrence potentielle avec deux autres entités concernées par la distribution
d'informatique (reliées, elles, à l'AFM) et qui avaient toutes les raisons de s'intéresser à ce dossier : Grosbill, la filiale d'Auchan, et Boulanger.
Dans quelques semaines, le 1er juillet précisément, le taux de TVA dans la restauration va tomber de 19,5 % à 5,5 %. Un abaissement qui était réclamé à cor et à cri depuis des années par les
professionnels. Alors que le secteur subit de plein fouet la crise économique, les clients peuvent-ils s'attendre à voir baisser significativement le montant des additions ? Quel va être
l'impact de ce changement au sein des enseignes d'Agapes, n°2 de la restauration commerciale en France derrière McDonald's ?
Agapes Restauration n'ayant de groupe que le nom, chacune de ses enseignes est libre d'appliquer comme elle l'entend les directives du "contrat d'avenir" négocié par la profession avec le
gouvernement. De la même manière qu'il n'existe pas de synergies entre les différentes chaînes, il n'y a pas eu non plus de consignes globales données au sujet de la répercussion de la baisse de
TVA. A priori, Les 3 Brasseurs devraient se contenter du minimum légal, à savoir sept produits en baisse. Tout comme Amarine, qui est en grande difficulté. A la faveur de ses menus "board"
amovibles, Flunch devrait pour sa part jongler en fonction des évènements. Quant à Pizza Paï, qui a le vent en poupe, l'enseigne pourrait afficher 14 produits en baisse plutôt que
sept.
Globalement, l'impact sur l'addition sera très peu perceptible par le consommateur, de l'ordre de - 2 % sur
la note. L'esprit de l'accord passé entre les restaurateurs et le gouvernement est de redistribuer le bonus de TVA en trois tiers : 1/3 pour le consommateur, 1/3 pour les salariés et 1/3 pour
l'investissement. Le groupe Agapes Restauration ayant largement les moyens de son développement, ce dernier tiers deviendra donc du bénéfice et compensera partiellement la baisse de résultat
attendue sur 2009 du fait de la crise.
En 2007, Oxylane s’était positionné sur ce même marché avec Fonisto, qui compte aujourd’hui deux magasins, à
Barentin (Seine-Maritime) et sur la zone d’Englos (Nord). En fait, il semblerait que le géant nordiste ait été informé des difficultés rencontrées par son ancien cadre pour gagner de l’argent
(d'où le retard sur Rennes).En lançant sa propre enseigne, Oxylane
l’encourageait, d’une certaine manière, à lui céder son entreprise. Ce qui vient donc d’être fait. Les deux enseignes vont prochainement fusionner.
Logiquement, vu son ancienneté et son parc, Terres et Eaux devrait être conservé en tant que bannière. Au
plan du concept, en revanche, la formule de Fonisto a l’avantage d’une offre plus discount, plus en phase avec le savoir-faire d’Oxylane. « Proposant moins de services et une largeur
d’offre réduite, elle est d’autre part plus facile à rentabiliser », explique un bon connaisseur du dossier.
La distribution des équipements pour la chasse et la pêche se caractérise par son stock très coûteux. La
rotation des produits est lente et certains articles, telles que les armes, sont à des prix élevés qui pèsent au niveau du bilan. C’est notamment pour cette raison que Fonisto ne vend pas de
fusils. Le marché des armes, en outre, est en forte baisse du fait de l’érosion des effectifs de chasseurs. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si chez Décathlon, le rayon est à 80 % composé de
textile / chaussant et d’aliments pour chien de chasse.
Depuis les difficultés hexagonales de la chaîne allemande Kettner (qui ne compte plus que deux magasins à
Paris et Metz), il n’y a plus de grande enseigne d’envergure nationale sur ce marché. Mis à part les petits rayons de Décathlon, seuls subsistent dorénavant les armuriers de quartier et
donc cette nouvelle entité qu’Oxylane entend développer en fusionnant Terres et Eaux et Fonisto.
La France ne représente plus que la moitié de l'activité d'Auchan. Même si l'Hexagone reste le creuset des initiatives du groupe, un nombre croissant de nouveaux concepts démarrent dans les
filiales étrangères. Par exemple, c'est l'Italie qui, il y a cinq ans, avait développé l'enseigne Simply, devenue depuis labannièredu groupe sur le
format supermarchés. Cette fois, c'est au tour d'Auchan Russie d'exporter son savoir-faire. Apparu à Moscou l'an
passé, Auchan City va faire son entrée en France l'an prochain. Conçue initialement pour relancer les petits hypermarchés de centre-ville rachetés à Ramstore, cette déclinaison de l'enseigne au rouge-gorge a obtenu de tels résultats que la direction générale
du groupe a souhaité en élargir le déploiement à d'autres pays. En France, c'est Tourcoing qui, à l'automne 2010, accueillera sur 4 000 m² la première
unité dans le cadre du nouveau centre commercial (maquette ci-contre) développé par le promoteur Altarea. Par rapport au grand hypermarché de périphérie à
forte capacité d'attraction qui constitue le coeur de métier d'Auchan, cette variante urbaine se distingue à la fois par la taille réduite de sa surface et par son implantation de coeur de
ville.
Autant que l'exploitation de petits hypers, c'est la vocation urbaine qui, à Tourcoing, représente le challenge à relever. Contrairement au projet d'Auchan Gourmand
attendu en 2012 à Marseille, dans la cité textile nordiste Auchan City devrait adopter un positionnement plus populaire. C'est tout le travail
d'optimisation de l'offre et de mise au point du concept auquel s'attache Marc Lambert, l'ancien directeur régional Nord en charge du dossier.
La nouvelle enseigne Auchan City vient enrichir la palette des concepts dont s'est dotée le groupe pour les magasins de taille intermédiaire. Il y a tout d'abord Les Halles d'Auchan (8 unités en
région parisienne centrées sur une offre discount de produits frais et sur les gros conditionnements). Il y a également en Italie les prototypes Maxi Simply et Iper Simply développés par Sma.
Parallèlement, la version standard de l'enseigne Auchan est aussi exploitée sur des points de vente de la tranche 3 500 / 5 000 m². Notamment par le franchisé Schiever, qui possède 7 petits Auchan
en Bourgogne. Sur le même créneau, quelques gros Atac (des anciens Mammouth en fait) vont prendre l'enseigne Auchan d'ici la fin de l'année. Il s'agit notamment des magasins de Péronne, dans la
Somme, de Brives-la-Gaillarde, en Corrèze et d'Aussillon-Mazamet, dans le Tarn.
C'est mercredi 8 avril, en pleine séance de comité central d'entreprise que l'affaire avait éclatée. Interpellée par les représentants du personnel, la direction d'Auchan avait été contrainte de
lever une partie du voile sur l'existence, depuis 2003, d'un plan d'attribution de stocks-options dans l'entreprise. Les élus avaient laissé éclater leur mécontement lorsqu'ils
s'étaient aperçu que les provisions comptables relatives à ces bonus avaient amputé d'1,2 million d'euros le montant global de la prime de participation redistribuée aux salariés. Leur mobilisation
a payé. Le 6 mai, la direction du groupe a proposé de "neutraliser le contre-coup financier" de ces stocks-options.
Pour autant, le plan d'attribution n'est pas remis en cause et, surtout, le flou le plus total continue de régner sur les modalités de cette distribution d'actions gratuites. Selon des
sources internes, tout indique que les titres octroyés aux dirigeants bénéficiaires n'ont pas été pris sur la partie "familiale" du capital du groupe mais prélevés dans Valauchan, directement au
niveau de la caisse de rachat dédiée aux entrées / sorties des actionnaires salariés. Contacté, le service communication se refuse à tout commentaire. Dans quelle proportion ces prélèvements
ont-ils contribué à la baisse de la part de capital détenu par les salariés, tombée en cinq ans de 16 % à 11 % ? Mystère ! Dans les documents Valauchan, le sujet est soigneusement évité. Ce
défaut de transparence renvoie à un problème plus global de gouvernance du FCP et de responsabilités des élus siégeant à son conseil d'administration.Mais de manière assez surprenante, ces carencespréoccupent assez peu en interne. Avec110 000 porteurs de parts et un milliard et demi d'euros de capitalisation,Valauchan est pourtant l'un des principaux FCP de salariés-actionnaires de France.
Depuis 30 ans, les soirées Valauchan, au cours desquelles sont annoncées les valeurs de parts, sont un élément fort de la culture du groupe Auchan. Il n'empêche, l'intérêt des salariés porté à la
gouvernance du FCP est tout relatif.
Bien que reposant sur l'élection dans chaque magasin de représentants de porteurs de
part (les RPP), la désignation des élus Valauchan est, dans les faits, souvent affaire de cooptation. Une situation facilitée par le fait que les délégués du personnel se tiennent à l'écart des
élections Valauchan. Par nature en délicatese avec un système qui amène les salariés à s'intéreser à la rémunération de leur capital au lieu de celle de leur seul travail, les syndicats n'ont
jamais été en situation de peser sur la gouvernance du FCP. D'où leur incapacité, par exemple, à amener la direction du groupe ou les élus du conseil de Valauchan à davantage de transparence.
Y compris concernant la juste évaluation des actifs de l'entreprise par les experts "indépendants" en charge de déterminer annuellement les valeurs de part. Il y a quelques mois, Arnaud Mulliez avait signé
dans Le Monde une tribune dans laquelle il mettait en garde le gouvernement contre le déblocage anticipé des sommes issues de la participation légale aux bénéfices.Selon le patron d'Auchan France, en permettant les retraits avant le terme des cinq ans, Nicolas Sarkozy, tout à sa volonté d'encourager la consommation et de
soutenir les dépenses des ménages,a remis en question la notion d'épargne à moyen ou long terme
qui prévalait jusque là. Le gouvernement n'a pas le monopole du déboulonnage des principes fondamentaux qui régissent l'actionnariat
salarié.Les dirigeants d'Auchan doivent savoirqu'à chaque fois qu'ils organisent l'opacité autour d'une décision relative au FCP, ils se mettent en situation de
rompre le pacte de confiance passé avec leurs salariés actionnaires. Déjà que sur une populationde collaborateurs payés majoritairement peu au
dessus du Smic, la tentation est grande pour beaucoup de retirer les sommes. Alors si en plus, ceux qui sont en mesure de placer se mettent à douter ...
le nouveau président du Conseil de surveillance d'Oxylane ? Trente trois ans après avoir fondé Décathlon, Michel Leclerq a laissé ses
fonctions en mars à la tête du groupe nordiste. Son successeur n'est autre que l'un de ses quatre fils, Olivier, 45 ans. Le Blog Mulliez dresse le portrait de cet entrepreneur atypique qui n'est
pas sans détonner au sein du clan Mulliez. Cet article inaugure une nouvelle série baptisée "Portraits", visant à mieux faire connaître les dirigeants de la galaxie Mulliez. Olivier Leclercq, au centre sur la photo, accueille dans son
hôtel Olivarius deux des Champions du Monde de 1998 : Christophe Dugarry et Zinedine Zidane.
Il y a un proverbe, dans le Nord, qui dit que lorsqu'un Roubaisien gagne de l'argent, il le dépense alors que le Tourquennois, lui, le montre. Bien que n'ayant jamais vécu à Tourcoing, le berceau
de sa famille, Olivier Leclercq est une bonne illustration de cet adage populaire. Moins complexé vis-à-vis de l'argent que ne le sont ses cousins Mulliez qui viennent aux réunions à Roubaix en 207
diesel, il ne se gêne pas pour rouler en Audi A8 ou multiplier les escapades familiales à Londres ou Miami. Sur un autre registre, son brevet de parachutiste (le seul diplôme qu'il ait obtenu) et
son passé de sous-officier des forces spéciales contribuent un peu plus à la distinguer. Que ce soit au sein de l'association familiale Mulliez ou, plus globalement, de ses homologues exerçant de
hautes fonctions dans la vie économique.Car même s'il lui arrive peut-être encore de se pincer
pour s'en rendre compte, Olivier Leclercq fait bel et bien partie aujourd'hui de ce cercle restreint des grands patrons. Certes, chez Oxylane, c'est Yves Claude qui reste aux commandes du groupe et
qui pilote au quotidien le navire Décathlon. Il n'empêche, cette présidence de surveillance de la troisième plus importante des entreprises de la galaxie Mulliez est une vraie responsabilité.
Olivier Leclercq connaît bien l'entreprise fondée par son père en 1976, particulièrement la partie "production", qui, en amont des magasins, organise la fabrication des gammes revendues
ensuite sous l'une des signatures Quechua, B'Twin, Kipsta, etc. Ces marques "Passion" qui fondent la spécificité de Décathlon Pendant 13 ans, de 1987 à 2000, Olivier Leclercq a sillonné
l'Asie, y installant équipes d'ingénieurs et bureaux de production qui chaque année déversent sur l'Europe des milliers de containers de produits exclusifs aux prix imbattableset qui sont devenus les symboles de l'identité de Décathlon et les clés de sa rentabilité.
Tout au long de ces années,l'aîné des quatre fils Leclercqa passé beaucoup de temps entre les avions et les chambres d'hôtels. Ce qui l'a amené à s'intéresser aux prestations destinées aux voyageurs d'affaires. En bon Mulliez
"piquousé" à la création d'entreprise, il monte son propre projet et inaugure en 2004 à Villeneuve d'Ascq son premier Olivarius, un
concept d'appart'-hôtel innovant doublé de parti-pris ethétiques des plus avant-gardistes.
Devenu au fil des ans un passionné d'hôtellerie, il ne rate pas, dit-on, une occasion de mettre à profit ses déplacements à l'étranger pour séjourner dans les plus grands
établissements. Et dire que son cousin Vianney, le patron de la surveillance chez Auchan, lui se contente des deux étoiles d'un Ibis !
Résident en Belgique, marié à une championne d'athlétisme d'origine bamiléké (laquelle a monté sa propre boutique d'art africain), Olivier Leclercq, à en croire son entourage, revendique
ouvertement sa différence par rapport au reste de la tribu Mulliez. "Avec lui, explique un proche, tout est beaucoup plus rock'n roll que la normalité estampillée "gens du Nord" qui
prévaut chez les associés de l'AFM". Formant une véritable "bande" avec ses frères, il se retrouve également en proximité du courant que représente au sein de l'association familiale l'axe
Gérard / Patrick / Gonzague, des autodidactes eux aussi, respectivement fondateurs d'Auchan, Kiabi et Saint-Maclou. Autant de fortes têtes - accessoirement richement pourvus en droits de vote - qui
donnent régulièrement du fil à retordre aux membres de la gérance de l'AFM. Une gérance à laquelle Olivier Leclercq a été élu - très confortablement, paraît-il - en juin 2006. L'intéressé y a
retrouvé Thierry Mulliez, actuel président du conseil familial. Vingt ans plutôt, les deux hommes avaient travaillé ensemble dans le tout premier Pizza Paï : Thierry Mulliez en était le directeur ;
Olivier Leclercq y préparait les salades et des tonnes de taboulé.
En choississant le fils de Michel Leclercq pour lui succéder à la présidence de la surveillance, le conseil familial de l'association Mulliez a renouvelé d'une certaine manière le pacte tacite qui
prévalait jusque-là entre les deux familles : à savoir un actionnaire majoritaire avec 43 % du capital d'un côté, l'AFM et, de l'autre, la holding du fondateur, l'AFIR, "minoritaire" avec 42 % des
titres, mais à qui revient la présidence. Reste qu'en théorie, les statuts de l'association ne permettent pas de cumuler un siège à la gérance avec une présidence d'entreprise. En théorie
...
Prochainement au sommaire de la série "Portraits", un article consacré à Marc Mulliez,
l'actuel président du "comité des sages" de l'AFM et assurément l'un des membres les plus secrets du clan nordiste.
And the winner is ... Boulanger. Les valeurs2009 desparts des principaux
FCP de la galaxie Mulliez ont été annoncées aux salariés-actionnaires. Cette année, parmi les enseignes dont une part significative du capital est aux mains des collaborateurs, ce sont ceux de
Boulanger qui enregistrent la meilleure valorisation de leur épargne salariale , devançant de peu ceux de Kiabi. Alors qu'il y a quelques années, ces deux enseignes étaient à la peine, aujourd'hui,
ce sont elles dont les experts en charge des évaluations ont estimé qu'elles étaient les plus créatrices de valeur. A l'inverse, Adéo et Oxylane, qui affichaient régulièrement les meilleures
progressions, enregistrent cette année des croissances nettement plus timides. Quant à Auchan, on a déjà eu l'occasion de commenter ici la portée historique de sa première baisse de valeur.
Dans d'autres enseignes de la galaxie Mulliez, en proie à de réelles difficultés comme Saint-Maclou ou Pimkie, les replis atteignent la barre des - 30 %. Mais il s'agit d'entreprises dont les
dirigeants n'ont jamais véritablement cherché à développer l'actionnariat salarié. Chez Pimkie, par exemple, cela représente seulement 0,2 % du capital de la société.
Dans la
foulée de l’inauguration de sa nouvelle signature « Vivons mieux, vivons moins cher », Auchan étoffe sa communication destinée à affirmer son positionnement discount. Y compris en
magasin. Dans les allées, de vastes affiches ont été déployées. Sous l’accroche « Qui estvraimentle moins cher ? », on y trouve pour quelques références d’entrée de
gamme la comparaison des prix pratiqués par le point de vente avec ceux des concurrents de sa zone. Sans surprise, Auchan est le mieux placé. Il faut dire que l’enseigne apporte une attention
toute particulière aux étiquettes de ses premiers prix Pouce.
Coïncidence, le grand concurrent Carrefour vient quant à lui de faire un choix différent. Lancée en grandes pompes en début de semaine, la nouvelle gamme Carrefour Discount n’a pas pour objectif
d’être systématiquement la moins chère « par unité de besoin » comme disent les spécialistes. Ses références sont globalement au niveau des prix des hard-discounters, mais pour plusieurs
d’entre elles, plus chères que les premiers prix proposés dans les autres enseignes d’hypermarché. Quant à l’autre grand rival sur le terrain des prix bas, l’inévitable Leclerc, les connaisseurs
auront remarqué que c’est lui qui est directement dans le collimateur d’Auchan. Le slogan sur les affiches est en effet une référence au site Qui est le moins cher.com, abondamment relayé en
publicité par le groupement d’indépendants.
Pour le groupe nordiste, cette offensive sur les prix intervient au terme d’un premier trimestre qui l’avait vu lever sensiblement le pied sur les promos. Si la plupart des distributeurs ont eux
aussi réduire la voilure promotionnelle en début d’année, cela a été plus visible, et a donc eu plus de conséquence chez Auchan, traditionnellement l’enseigne dont le commerce est le plus tiré
par les opérations promotionnelles.
Depuis le 13 avril, le magasin Décathlon de Villeneuve d'Ascq,
mène un test d'une ampleur considérable. La surface de vente, portée au passage de 9 000 à 10 000 m², a été entièrement réorganisée. La ligne de caisse a été fermée, entrées et sorties des
clients se font désormais par un seul et unique passage. A l'intérieur du magasin, l'agencement de l'offre a été totalement repensé. La traditionelle enfilade de rayons de part et d'autre de
l'allée centrale a été remplacée par l'installation de "boutiques" devant lesquelles le client circule - et peut entrer - comme il le fait dans une
galerie. Pour poursuivre la visite et comprendre les implications commerciales et sociales de ce prototype de magasin, cliquez ici.
---------------------------- Oxylane ... en bref :
- Décathlon, entreprise préférée des Français : tel est le verdict du sondage BVA / Les Echos publié hier dans le quotidien économique. L'enseigne-phare du groupe Oxylane ressort en tête de ce
classement basé sur la proximité et l'image. Décathlon devance Orange et La Poste.
- Oxylane s'est doté d'unsite
institutionnel,en ligne depuis le début mai.
- L'édition Nord du Journal des Entreprises a publié un dossier complet sur Décathlon,
"locomotive ou rouleau compresseur".
Auchan France vient d'annoncer à l'ensemble de ses collaborateurs la mise en place d'une nouvelle organisation. Cela concerne les directions régionales, appelées chez Auchan des directions
opérationnelles (DO). Elles restent au nombre de cinq, avec des équipes et des périmètres géographiques inchangés, en revanche, les directeurs, eux, passent à 10. Il seront dorénavant en tandem,
deux par DO, et se partageront les magasins. En interne, nombreux sont ceux qui y voient une manière de revenir au découpage en vigueur jusqu'en 2007, quand Philippe Baroukh, soucieux
d'économies, avait décidé de diviser par deux le nombre de DO. Les directeurs s'étaient retrouvés avec parfois plus de 20 hypers chacun, ce qui ne garantissaitpasà l'évidence une proximité suffisante avec les directeurs de magasins. Philippe Baroukh a pris acte de son échec sur ce point et
rectifie donc le tir.
Ce changement profite à cinq directeurs de magasins promus directeurs opérationnels. Parmi eux, par exemple, celui de Vélizy, de Mériadeck ou encore celui qui pilotait le chantier "ré-enchanter
l'hyper". A noter dans le Nord le départ du DO Marc Lambert, dorénavant en charge du concept Auchan City (à lire bientôt sur leBlogMulliez.com) dont la
première unité ouvrira à Tourcoing. Pour sa part, Joël Fabiani, l'ex-DRH qui faisait ses classes en magasin à Leers,
est nommé à la direction opérationnelle Sud. Voici la liste complète des directeurs opérationnels par grande région :
Nord :Vincent Mignot et Olivier Barbry
Région parisienne : Thierry Palluat de Besset et Wilhelm Hubner
Ouest : Bruno Terrier et Yvan Otschapovski
Sud : Joël Fabiani et Denis Binauld
Est : Eric Galant et Olivier Nonque
Les collaborateurs des entrepôts Pimkie au sein desquels des suppressions de postes ont été annoncées (lire le communiqué de presse)y trouveront
peut-être matière à espérer des perspectives de reclassement au sein de la galaxie Mulliez : Catherine Gallais, l'ex-directrice de Pimkie France, qui avait quitté l'entreprise à la fin mars a
depuis été réembauchée dans l'une des enseignes de l'empire, en l'occurrence Cannelle Lingerie. Elle y remplace Pascal Huart au poste de directeur général. Initialement développée dans le
sillage de Phildar, Cannelle compte aujourd'hui 130 boutiques en France, exploitées pour moitié en propre, pour moitié en franchise. Chez Cannelle, Catherine Gallais (qui avait aussi travaillé chez
Auchan il y a quelques années en qualité de DRH des services centraux) retrouve un président qu'elle connaît bien puisqu'il s'agit de ...Richard Maurice. Manifestement, l'AFM compte donc sur cet homme pour relancer ses enseignes de prêt-à-porter féminin comme il avait su redynamiser Kiabi de 2002 à 2007. Signe
supplémentaire de son retour en grâce - après son escapade chez le concurrent Camaïeu -, Gérard Mulliez lui-même vient de mettre à sa disposition une coquette résidence. Connaissant la
radinerie légendaire du fondateur d'Auchan, le loyer a dû faire l'objet d'âpres négociations...
Evoquées sur ce blog dès le 20 avril, les suppressions de postes chez Pimkie ont été annoncées au comité central d'entreprise jeudi 14 mai. Le projet de
réorganisation concerne les deux entrepôts Diramode de Neuville-en-Ferrain et Wasquehal. 138 des 275 postes vont disparaître, soit une division par deux des effectifs. Au siège, 52 postes seront
supprimés dans dans les services informatique, ressources humaines, clientèle, inventaire et travaux.
Le 28 mai, la direction va faire des propositions aux représentants du personnel dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi. Des reclassements devraient y être proposés, notamment dans
certaines autres enseignes de la galaxie Mulliez, commercialement plus dynamiques.
Les points de vente ne sont pas concernés par la réorganisation. Cependant, les différentes directions nationales vont être supprimées et remplacées par des directions internationales par zone.
Elle seraient au nombre de quatre, avec les périmètres suivants : France, Belgique, Luxembourg et Allemagne ; Espagne et Italie ; Europe de l'Est ; Moyen-Orient. Par ailleurs, les services
achats vont être regroupés dans une centrale unique en lieu et place des centrales nationales.
Plus d'infos sur Pimkie dans ma note du 3 février 2009 relative à l'arrivée surprise de Richard Maurice, ex-Kiabi,
ex-Camaïeu, à la tête du conseil de surveillance de l'enseigne.
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